renoncer – to do without

Aux États-Unis, nous toujours entendons que “La France est un pays socialiste.”  Et maintenant plus que François Hollande a élu.  C’est un argument utilisé contre l’idée “des soins de santé universelle.”  Donc, nous avons plus que trentième million de personnes qui avoir besoin d’assurance maladie.

Aujourd’hui, une nouvelle dans  Le Monde qui me dit que beaucoup des étudiants en France avoir besoin du soin aussi.  C’est un problème universal après tout.

De plus en plus d’étudiants renoncent à se soigner, faute d’argent et de temps

More and more students not getting health care, needing money and time

LE MONDE | 22.05.2012 à 17h58 • Mis à jour le 22.05.2012 à 17h58

Par Nathalie Brafman

Coût de la vie, du logement, des soins médicaux… la crise économique n’a pas épargné les étudiants. Plus de la moitié d’entre eux vivent avec moins de 400 euros par mois. C’est ce qui ressort de la troisième enquête nationale “Santé et conditions de vie des étudiants”, réalisée par La Mutuelle des étudiants (LMDE) auprès de quelque 8 500 étudiants et publiée mardi 22 mai. Conséquence : les étudiants sont de plus en plus nombreux à travailler, ils étaient 48 % en 2003, ils sont 68 % sept ans plus tard.

The cost of living, housing, medical care… the economic crisis has not spared students.  The majority of them live on less than 400 euros per month.  That is the result of the third national study on “Health and Welfare of Students” conducted by the Mutual of Students (LMDE), with approximately 8,500 students, and published the 22nd of May.  The results: students working in greater and greater number, with 48% in 2003, 68% seven years later.

Cette précarité financière entraîne des arbitrages constants dans leurs dépenses, notamment de santé. Alors qu’ils étaient 23 % en 2008 à déclarer avoir renoncé à des soins au cours des douze derniers mois, le taux atteint 34 % selon la dernière enquête de la LMDE. C’est deux fois plus que pour l’ensemble de la population. “Plus grave, alors qu’en 2008, ce renoncement concernait les soins les plus coûteux, dentaires et optiques, aujourd’hui il touche les soins les plus courants”, souligne Gabriel Szeftel, président de la LMDE.

This financial precariousness results in constant tradeoffs in their spending, including on their health.  While there were 23% in 2008 who said they had gone without medical care in the previous 12 months, that number reached 34% according to the following study of the LMDE.  It’s two times more than that of the general population.  “Worse, in 2008, this lack of care affects the most costly need, dental and vision, which today is the most common need,” according to Gabriel Szeftel, President of LMDE.

Outre le manque de temps et l’automédication, les raisons financières sont en réalité les principales causes de ce renoncement. Les étudiants subissent, comme le reste de la population, le recul du régime de base. D’où la nécessité de souscrire une complémentaire santé, selon Gabriel Szeftel ; mais là aussi, les inégalités demeurent : près de 20 % n’en possèdent pas contre 6 % pour l’ensemble de la population.

Besides the lack of time and treating themselves, financial reasons are the in truth the principal reason they don’t get care.  Students suffer, like the rest of the population, the decline in the staple diet.  Thus the necessity for supplemental health coverate, according to Gabriel Szeftel; but there as well, inequalities remain: close to 20% don’t have it compared to 6% in the general population.

Les réponses à l’appel à témoignage concernant l’accès aux soins lancé sur Lemonde.fr le confirment. “Me soigner n’est pas ma priorité, je n’ai ni l’argent ni le temps”, explique Ombeline Duprat. A 25 ans, cette étudiante en master de recherche en histoire de l’art à l’EHESS travaille vingt heures par semaine à la Bibliothèque nationale. Elle vit avec 640 euros par mois, dépense 425 euros pour son loyer sans les charges – une colocation avec deux autres personnes dans le Val-de-Marne. Il lui reste environ 150 euros pour la nourriture et quelques loisirs. Du coup, pour se soigner, elle privilégie le fameux “ça va passer” ou encore “un Doliprane fera l’affaire”.

The responses to the survey results on access to care are confirmed by Lemonde.fr.  “My healthcare is not my priority, I have neither the money nor the time,” says Ombeline Duprat.  At 25 yo, this Masters of Art History student at EHESS works 20 hours per week at the National Library.  She lives on 640 euros per month, paying 425 euros per month for rent, without utilities – a shared apartment with two other people in Val-de-Marne.  She still has about 150 euros for food and some recreation.  So, for her health, she favors the famous “it will pass” or, “a Doliprane will do the trick.”

Ombeline estime que sa situation financière s’est dégradée au fil des années. “Tout est calculé, je dépense environ 80 euros pour me nourrir. Je privilégie les plats faits maison et heureusement que je peux déjeuner pour un euro au travail.” Elle a encore quatre ans de “galère” devant elle car elle veut préparer une thèse mais avoue qu’elle ne sait pas “si elle est prête psychologiquement à vivre encore quatre ans dans ces conditions”.

Ombeline believes that her financial situation has gotten worse over the years.  “Everything is accounted for, I spend around 80 euros for food.  I prefer homemade food and am lucky that I can eat lunch for a euro at work.”  She still has four years in “gallery” before she can even begin to prepare a thesis but admits she doesn’t know “if she is psychologically ready to live four more years in these conditions.”

Etudiant en licence d’administration économique et sociale à l’université Lille-II, Alexandre Guérillot avance lui aussi un budget “calculé à l’euro près, surtout la deuxième moitié du mois”, pour expliquer son renoncement aux soins. “Si je dois avancer les frais de la consultation et le coût des médicaments, alors je ne peux pas manger pendant un ou plusieurs jours, affirme-t-il. Le calcul est vite fait, je préfère m’en remettre à mon système immunitaire qui, jusqu’ici, n’a pas mal fonctionné pour les pathologies bénignes.”

Student for licensure in Economic and Social Administration at the University of Lille-II, Alexandre Guérillot also follows a budget “calculated to the nearest euro, especially the second half of the month,” to explain his reasons for neglecting his health.  “If I have to pay the cost of the consultation and the cost of medications, I can’t eat for one or more days,” he says.  The calculation is quickly done, “I prefer to rely on my immune system, which so far hasn’t broken down under benign problems.”

Car l’une des raisons invoquées aussi par les étudiants dans notre appel à témoignage mais qui ne figure pas dans l’enquête de la LMDE concerne la lenteur des remboursements. Tout particulièrement lorsque le médecin n’est pas équipé d’un terminal carte Vitale et que les étudiants doivent avancer les frais, qu’ils soient adhérents de la LMDE ou de la Smerep, leurs deux caisses d’assurance-maladie. “Cela fait six mois que j’ai une dent de sagesse douloureuse mais j’ai renoncé à aller consulter car je sais qu’il faudra passer chez le dentiste et ensuite faire des radios, mais compte tenu des retards de remboursement, j’attends d’avoir de l’argent de côté”, indique Sophie Caille, 21 ans, étudiante à Bordeaux.

Because one of the reasons given as well by the students in our call for examples, but not included in the study done by the LMDE concerns the slow rate of reimbursement.  Especially when the doctors are not equiped with a Vitale Card terminal and the studengs must pay the cost upfront, whether members of the LMDE or of Smerep, their two health insurance plans.  “It was six months that I had a bad wisdom tooth pain but I waited to go to make an appointment even though I knew that I had to go to the dentist and following listening to the radio, but given the delays for reimbursement, I waited to have the money on hand,” said Sophie Caille, 21 yo, student from Bordeaux.

“La santé des étudiants devra être l’un des grands chantiers du nouveau gouvernement”, martèle Emmanuel Zemmour, président du syndicat étudiant UNEF. Car, selon lui, au prétexte que cette population se porte bien (82 % selon la LMDE), les pouvoirs publics ne se sont jamais vraiment préoccupés de la santé des étudiants. Et cette thématique a souffert d’un éparpillement des compétences entre ministères de la santé et de l’enseignement supérieur. Ainsi, dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy, c’est Valérie Pécresse puis Laurent Wauquiez qui furent les interlocuteurs des étudiants.

“The health of students should be one of the major projects of the new government,” insists Emmanuel Zemmour, President of the Student Union UNEF.  Because, according to him, “On the pretext that this group is healthy (82% according to LMDE), public officials were never very concerned with the health of students.  And this theme has suffered from a fragmentation of responsibility between the ministies of health and higher education.  Additioanlly, in the government of Nicolas Sarkozy, it was Valérie Pécress then Laurent Wauquiez who took the responsibility for students.

En décembre 2006, Laurent Wauquiez, alors député UMP de Haute-Loire, avait établi un état des lieux de la santé et de la protection sociale des étudiants. A l’époque, il soulignait des “dégradations inquiétantes” et une “santé des étudiants négligée”. Pour éviter que le défaut d’une couverture complémentaire entraîne des renoncements aux soins, il avait suggéré dans ses dix propositions du “plan santé étudiant” la création d’un chèque-santé de 100 euros, permettant aux étudiants de souscrire une mutuelle.

In December of 2006, Laurent Wauquiez, then UMP deputy of Haute-Loire, had already established an inventory of the health and the welfare of students.  At that time, he hoped that these “unsettling declines” and a “neglect of the health of students.”  To prevent the failure of supplemental coverage resulting in the neglect of care, he had suggestested in the 10 propoistions of the “student health plan” the creation of a health stipend of 100 euros, allowing students to join an insurance plan.

En 2007, Nicolas Sarkozy, fraîchement élu président de la République, avait promis la création d’un chèque national santé de 200 euros. Il n’a jamais vu le jour. Pour pallier ce manque, quelques régions ont mis en place des aides à la complémentaire santé : l’Ile-de-France, Midi-Pyrénées, Centre… Au total, 20 000 étudiants bénéficient d’un tel dispositif.

In 2007, Nicolas Sarkoky, newly elected President of the Republic, had promised the create of a national health check of 200 euros.  It never saw the light of day.  To take up the slack, some regions put in place complementary health aid:  Ile-de-France, Midi-Pyrénées, Centre… In total, 20,000 students benefited from this assistance.

Lancement d’un chèque-santé national, création de centres de santé dans les universités pour faciliter les consultations comme le prévoit un décret de 2008… L’UNEF compte bien faire entendre sa voix sur ces sujets.

Starting a national health check, creation of health centers at Universities to do preventative health screenings as were suggested in 2008… UNEF hopes to have its voice heard on these subjects.

Vocabulaire

soigner – to care for; take care of

le soin – care, concern

épargner – to spare

 

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